📌Contexte & Problématique

Le sorafénib est le traitement recommandé pour les patients atteints d'un carcinome hépatocellulaire (CHC) à un stade avancé. Cette étude visait à comparer l'efficacité et la sécurité du sorafénib à celles de la radiothérapie interne sélective (SIRT) avec des microsphères de résine chargées d'yttrium-90 (90Y) chez des patients atteints de CHC.

🧪Méthodologie

L'étude SARAH était un essai multicentrique, en ouvert, randomisé, contrôlé, initié par les investigateurs, de phase 3, mené dans 25 centres en France. Ont été inclus des patients âgés d'au moins 18 ans, avec une espérance de vie supérieure à 3 mois, un indice de performance ECOG de 0 ou 1, une fonction hépatique Child-Pugh de classe A ou B avec un score inférieur ou égal à 7, et un CHC localement avancé (stade C selon BCLC), ou un nouveau CHC inéligible à la résection chirurgicale, la transplantation hépatique ou l'ablation thermique après un CHC précédemment guéri, ou un CHC avec deux cycles infructueux de chimioembolisation transartérielle. Les patients ont été randomisés (1:1) pour recevoir soit du sorafénib oral en continu (400 mg deux fois par jour), soit la SIRT avec des microsphères de résine chargées de 90Y. Le critère d'évaluation principal était la survie globale. L'analyse a été effectuée en intention de traiter.

📊Résultats Clés

467 patients ont été randomisés (237 dans le groupe SIRT, 222 dans le groupe sorafénib). La survie globale médiane était de 8,0 mois (IC 95 % 6,7-9,9) dans le groupe SIRT contre 9,9 mois (8,7-11,4) dans le groupe sorafénib (rapport de risque 1,15 [IC 95 % 0,94-1,41] pour SIRT vs sorafénib ; p=0,18), sans différence significative. Au moins un événement indésirable grave a été rapporté chez 77 % des patients du groupe SIRT et 82 % de ceux du groupe sorafénib. Les événements indésirables de grade 3 ou supérieur liés au traitement les plus fréquents différaient entre les groupes, notamment la fatigue (9 % vs 19 %), la diarrhée (1 % vs 14 %) et la réaction cutanée main-pied (<1 % vs 6 %) étant moins fréquents avec la SIRT, tandis que les anomalies hépatiques et hématologiques étaient comparables ou légèrement plus fréquentes avec la SIRT.

🩺Impact Clinique

Chez les patients atteints d'un carcinome hépatocellulaire localement avancé ou de stade intermédiaire après échec de la chimioembolisation transartérielle, la survie globale n'a pas montré de différence significative entre la radiothérapie interne sélective et le sorafénib. Le choix entre les deux traitements pourrait être influencé par la qualité de vie et la tolérance.