📌Contexte & Problématique
L'augmentation de l'administration de liquides en périopératoire est un facteur de risque indépendant de lésion pulmonaire après résection pulmonaire. En pratique clinique, la gestion hydrique est souvent guidée par la diurèse, mais la réponse diurétique à l'expansion volémique plasmatique serait atténuée pendant l'anesthésie et la chirurgie. L'étude a donc émis l'hypothèse que différents schémas de gestion hydrique peropératoire n'affecteraient pas la diurèse comme on s'y attendrait en dehors du contexte chirurgical, et qu'une approche restrictive ne nuirait pas à la fonction rénale.
🧪Méthodologie
Essai randomisé contrôlé incluant 102 patients subissant une chirurgie thoracique vidéo-assistée (VATS) pour résection pulmonaire. Les patients ont été randomisés pour recevoir en peropératoire soit un volume élevé de liquide (8 mL/[kg · h] de Ringer lactate; n=51), soit un faible volume (2 mL/[kg · h]; n=51). Le critère de jugement principal était la diurèse peropératoire. Les critères secondaires incluaient les taux sériques de créatinine postopératoire et le taux de complications postopératoires.
📊Résultats Clés
Les données démographiques et chirurgicales étaient comparables entre les groupes. Indépendamment du volume de liquides administré en peropératoire (moyenne ± ET : 2131 ± 850 mL dans le groupe élevé vs 1035 ± 652 mL dans le groupe faible, P < .0001), la diurèse était similaire entre les groupes (médiane 300 mL). Les taux sériques de créatinine ont diminué de manière significative en postopératoire (globalement) et n'étaient pas significativement différents entre les groupes.
🩺Impact Clinique
Chez les patients subissant une chirurgie thoracique vidéo-assistée, la diurèse peropératoire et la fonction rénale postopératoire ne sont pas affectées par l'administration de liquides dans la gamme de 2 à 8 mL/(kg · h). La pratique clinique consistant à administrer des liquides pour augmenter la diurèse en période périopératoire devrait donc être abandonnée dans ce contexte.