📌Contexte & Problématique

La dermatite atopique à début précoce est un facteur de risque majeur d'allergie alimentaire, suggérant qu'un traitement précoce et efficace pourrait prévenir la sensibilisation transcutanée.

🧪Méthodologie

Cet essai contrôlé randomisé (étude PACI), multicentrique, en groupes parallèles, en ouvert et avec évaluateur en aveugle, a recruté des nourrissons âgés de 7 à 13 semaines atteints de dermatite atopique. Les nourrissons ont été randomisés (1:1) pour recevoir un traitement cutané précoce intensifié (visant la peau cliniquement affectée et non affectée) ou un traitement réactif conventionnel (visant uniquement la peau cliniquement affectée), utilisant des corticoïdes topiques. Le critère d'évaluation principal était la proportion d'allergie immédiate à l'œuf de poule confirmée par test de provocation orale à l'âge de 28 semaines.

📊Résultats Clés

L'étude a recruté 650 nourrissons et analysé 640 (318 dans le groupe intensifié, 322 dans le groupe conventionnel). Le traitement intensifié a significativement réduit l'allergie à l'œuf de poule par rapport au traitement conventionnel (31,4 % contre 41,9 %, P = 0,0028 ; différence de risque : -10,5 %, borne supérieure de l'IC unilatéral : -3,0 %). Cependant, il a également entraîné un poids (différence moyenne : -422 g) et une taille (différence moyenne : -0,8 cm) inférieurs à 28 semaines.

🩺Impact Clinique

Cette étude a mis en évidence le potentiel d'une gestion bien contrôlée de la dermatite atopique en tant que composante d'une stratégie de prévention de l'allergie à l'œuf de poule. Le protocole de traitement intensifié spécifique de cet essai devrait être modifié pour être applicable en pratique quotidienne, afin d'éviter les effets indésirables des corticoïdes topiques. Des thérapies d'entretien moins puissantes pourraient être envisagées après l'induction de la rémission pour pallier les préoccupations de sécurité liées aux corticoïdes topiques.