📌Contexte & Problématique

L'œdème angioneurotique héréditaire (OAH) est une maladie grave et potentiellement mortelle causant des crises aiguës de gonflement, de douleur et une qualité de vie réduite. L'OAH de Type I est dû à un déficit en inhibiteur de la C1 estérase (C1-INH), le Type II à un dysfonctionnement du C1-INH malgré des taux normaux, et le rare Type III (surtout chez les femmes) survient avec des taux et fonctions de C1-INH normaux. De nouveaux médicaments ont été développés, mais il manquait une revue systématique incluant toutes les options préventives.

🧪Méthodologie

Revue systématique et méta-analyse d'essais contrôlés randomisés (ECR) menés chez des enfants ou des adultes atteints d'OAH, évaluant des médicaments en prévention à long terme (minimum 4 semaines de traitement) versus placebo ou comparateur actif. Les critères de jugement principaux étaient le nombre/changement de crises d'OAH, la mortalité et les événements indésirables graves. Les critères secondaires comprenaient la qualité de vie, la sévérité des crises de survenue et l'invalidité. Les méthodes standard Cochrane ont été utilisées, avec évaluation de la certitude des preuves selon GRADE.

📊Résultats Clés

Quinze études (912 participants) sur les OAH de Type I et II ont été incluses, évaluant divers traitements (avoralstat, berotralstat, différentes formes de C1-INH, danazol, lanadelumab). La plupart des médicaments (sauf l'avoralstat) ont réduit le nombre de crises d'OAH par rapport au placebo. Les formes de C1-INH et le lanadelumab ont réduit la sévérité des crises de survenue. L'avoralstat, le berotralstat, les formes de C1-INH et le lanadelumab ont amélioré la qualité de vie et n'ont pas augmenté le risque d'événements indésirables graves par rapport au placebo (données manquantes pour le danazol). L'invalidité a été réduite par le C1-INH, le berotralstat et le lanadelumab dans quatre études. Aucune mortalité n'a été rapportée. La certitude des preuves est faible en raison du petit nombre d'études et de participants, du manque de données pour certains médicaments (danazol) et de l'absence d'études chez les patients atteints d'OAH de Type III.

🩺Impact Clinique

Les données disponibles suggèrent que plusieurs médicaments (berotralstat, C1-INH sous diverses formes, danazol, lanadelumab) sont efficaces pour réduire la fréquence des crises d'OAH de Type I et II et améliorer la qualité de vie sans augmentation significative des événements indésirables. Le C1-INH et le lanadelumab réduisent également la sévérité des crises de survenue. Cependant, la faible certitude des preuves et l'absence de comparaisons directes limitent les conclusions sur l'efficacité comparative. Aucune conclusion ne peut être tirée pour les patients atteints d'OAH de Type III. Ces résultats fournissent des éléments pour la stratégie préventive chez les patients concernés, tout en soulignant le besoin de recherches supplémentaires.