📌Contexte & Problématique

La protonthérapie est étudiée dans le traitement du cancer du sein pour réduire l'exposition aux radiations des organes à risque (cœur, poumons). Les études précédentes sur la radiothérapie post-mastectomie par protons (PMRT) utilisaient un fractionnement conventionnel. La faisabilité et la tolérance d'un fractionnement hypofractionné pour la PMRT par protons n'étaient pas clairement établies, notamment chez les patientes bénéficiant d'une reconstruction immédiate.

🧪Méthodologie

Essai randomisé de phase 2 (MC1631) comparant deux schémas de fractionnement de la PMRT par protons chez des patientes après mastectomie pour cancer du sein avec indication de radiothérapie (avec ou sans reconstruction immédiate) : fractionnement conventionnel (50 Gy en 25 fractions de 2 Gy) versus hypofractionné (40,05 Gy en 15 fractions de 2,67 Gy). 88 patientes ont été randomisées (44 par groupe). Le critère d'évaluation principal était le taux de complications (événements indésirables de grade ≥ 3 ou interventions chirurgicales non planifiées pour les patientes reconstruites) à 24 mois après la première fraction de radiothérapie.

📊Résultats Clés

Sur 82 patientes traitées (41 par groupe), le taux de complications à 24 mois était de 15% dans le groupe conventionnel et de 20% dans le groupe hypofractionné (différence absolue de 4,9%, IC 95% unilatéral supérieur à 10%), ne permettant pas d'établir la non-infériorité de l'hypofractionnement. Toutes les complications protocolaires (14 au total, 6 dans le groupe conventionnel, 8 dans le groupe hypofractionné) sont survenues chez des patientes avec reconstruction immédiate. Les complications du groupe conventionnel étaient contracture et nécrose graisseuse nécessitant chirurgie. Celles du groupe hypofractionné étaient des infections nécessitant souvent une chirurgie.

🩺Impact Clinique

Après un suivi médian de 39,3 mois, la non-infériorité de la PMRT par protons hypofractionnée par rapport au fractionnement conventionnel n'a pas été démontrée selon le critère principal basé sur les complications à 24 mois. Cependant, étant donné une tolérance globale similaire (malgré des types de complications différents), la PMRT par protons hypofractionnée semble mériter une étude plus approfondie dans cette population, avec ou sans reconstruction immédiate.