📌Contexte & Problématique
La chirurgie cardiaque complexe chez le nouveau-né, en particulier la réparation de l'arc aortique, est associée à des lésions cérébrales périopératoires. Les techniques utilisées, comme l'arrêt circulatoire en hypothermie profonde (DHCA) ou la perfusion cérébrale antérograde (ACP), présentent un risque élevé. Il n'était pas clair si l'ACP entraînait moins de lésions cérébrales que le DHCA.
🧪Méthodologie
Essai randomisé contrôlé incluant 37 nouveau-nés présentant une obstruction de l'arc aortique devant bénéficier d'une réparation univentriculaire ou biventriculaire. Les patients ont été randomisés pour recevoir soit le DHCA, soit l'ACP. Une imagerie par résonance magnétique (IRM) cérébrale a été réalisée avant et une semaine après la chirurgie chez 36 patients. La présence de nouvelles lésions cérébrales postopératoires a été évaluée et les résultats analysés séquentiellement. Les résultats moteurs et cognitifs précoces à 24 mois ont également été évalués. Une analyse supplémentaire a recherché des facteurs de risque de lésions.
📊Résultats Clés
Aucune différence significative n'a été démontrée entre le DHCA et l'ACP concernant l'incidence globale de nouvelles lésions cérébrales (78% pour DHCA vs 72% pour ACP, P=0.66). 50% des patients présentaient déjà des lésions cérébrales en préopératoire. Les lésions de la substance blanche étaient les plus fréquentes dans les deux groupes. Cependant, les infarctus centraux sont survenus exclusivement après l'ACP (6/18 [33%] vs 0/18 [0%] pour DHCA, P=0.02). Les résultats moteurs et cognitifs à 24 mois étaient similaires entre les groupes (P=0.28 et P=0.25). Une PCO2 artérielle postopératoire basse a été identifiée comme facteur de risque de nouvelles lésions de la substance blanche (P=0.04).
🩺Impact Clinique
Dans cette population de nouveau-nés subissant une chirurgie cardiaque complexe, aucune des deux techniques de perfusion (ACP ou DHCA) n'a montré de supériorité significative pour réduire l'incidence globale des lésions cérébrales périopératoires. Les deux techniques sont associées à une incidence élevée de nouvelles lésions de la substance blanche, et l'ACP semble spécifiquement lié aux infarctus centraux. La gestion de la PCO2 postopératoire pourrait être importante pour réduire le risque de lésions de la substance blanche.