📌Contexte & Problématique

Il existe une controverse concernant l'agressivité du traitement initial du cancer papillaire de la thyroïde (CPT) chez l'enfant. Peu d'études à long terme existent, et les secondes tumeurs primitives ont rarement été analysées.

🧪Méthodologie

Étude rétrospective de 215 patients atteints de CPT âgés de moins de 21 ans (âge médian 16 ans) traités entre 1940 et 2008, avec un suivi médian de 29 ans. Les détails sur la récidive et la mortalité ont été extraits d'une base de données informatisée.

📊Résultats Clés

La taille médiane de la tumeur primitive était de 2,2 cm. 6% présentaient des métastases à distance à la présentation, 5% avaient une résection tumorale incomplète, 86% un curage ganglionnaire initial, et 78% des métastases ganglionnaires. Après résection chirurgicale complète, le CPT a récidivé chez 32% des patients à 40 ans. À 20 ans, les taux de récidive locaux, régionaux et à distance étaient respectivement de 7, 21 et 5%. Entre 1940 et 1969, les taux de récidive locale et régionale après lobectomie unilatérale étaient significativement plus élevés qu'après résection lobaire bilatérale. Entre 1950 et 2008, l'ablation du reliquat par iode radioactif (administrée à 32% des patients) n'a pas diminué le taux de récidive régionale à 25 ans (16%) observé après résection lobaire bilatérale seule. Seulement deux décès liés au CPT sont survenus à 28 et 30 ans, soit une mortalité spécifique de 2% à 40 ans. La mortalité toutes causes confondues n'a pas dépassé les attentes jusqu'à 20 ans, mais de 30 à 50 ans, le nombre de décès était significativement plus élevé que prédit. 15 des 22 décès (68%) résultaient d'une tumeur maligne non thyroïdienne.

🩺Impact Clinique

La survie après un CPT infantile est généralement attendue, mais les décès tardifs dus à des tumeurs malignes non thyroïdiennes sont préoccupants. Soixante-treize pour cent des patients décédés d'une tumeur maligne non thyroïdienne avaient reçu une irradiation thérapeutique postopératoire, suggérant un lien potentiel.