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Contexte : La pneumonie hospitalière non liée à la ventilation (NV-HAP) est l'une des infections associées aux soins de santé les plus fréquentes, mais reste sous-déclarée, sous-étudiée et rarement ciblée par les stratégies de prévention des infections. Les soins bucco-dentaires sont considérés comme une mesure préventive clé, mais peu d'essais randomisés contrôlés de haute qualité ont été menés dans les environnements hospitaliers. L'objectif de cette étude est d'évaluer si une intervention renforcée de soins bucco-dentaires réduit l'incidence de la NV-HAP.
Méthodologie : L'essai HAPPEN était un essai randomisé par cluster, en échelle progressive, mené dans trois hôpitaux australiens. Les grands hôpitaux publics ou privés étaient éligibles. Neuf unités (clusters) ont été allouées aléatoirement à trois séquences de traitement. Tous les patients âgés de 18 ans ou plus admis dans un cluster de l'essai étaient éligibles, avec une évaluation des résultats pour les patients admis depuis au moins 48 heures. L'intervention comprenait trois composants : une livraison renforcée des soins bucco-dentaires et la fourniture de produits, une éducation des patients et du personnel, et une revue et un retour d'information effectués par des infirmières de recherche dédiées. Le contrôle correspondait à la pratique habituelle, c'est-à-dire les soins bucco-dentaires effectués par les professionnels de santé selon les politiques hospitalières. Les résultats primaires et secondaires ont été analysés dans la population intention-to-treat. Le résultat principal était l'incidence de la NV-HAP, définie selon les critères de l'European Centre for Disease Prevention and Control. Les résultats secondaires incluaient les infections respiratoires inférieures et supérieures acquises à l'hôpital et les infections de la cavité buccale. Les résultats ont été définis selon des définitions établies et déterminés après une revue des dossiers médicaux. L'étude était à double aveugle, avec des collecteurs de données masqués aux séquences de traitement allouées. L'essai a été enregistré auprès du registre des essais cliniques Australie-Nouvelle-Zélande (ACTRN12624000187549).
Résultats : L'essai a été mené du 3 juin 2024 au 22 août 2025. Un total de 12 446 patients admis étaient éligibles pour recevoir l'intervention, 3336 d'entre eux ayant été exclus car admis dans un cluster de l'essai pendant moins de 48 heures. Un total de 8870 patients ont été analysés, avec 4523 exposés à la condition de contrôle et 4347 exposés à la condition d'intervention. La NV-HAP a été confirmée chez 78 (0,9 %) des 8870 patients : 46 (1,0 %) des 4523 sous la condition de contrôle et 32 (0,7 %) des 4347 sous la condition d'intervention. L'exposition à l'intervention a été associée à un ratio de risque cumulé de 0,40 (IC 95 % 0,19-0,82), représentant une diminution de 1,00 à 0,41 infections par 100 jours d'admission à risque. L'exposition à l'intervention a entraîné un ratio de risque cumulé de 1,64 (IC 95 % 0,61-4,39) pour les infections respiratoires inférieures ou supérieures, et de 1,08 (0,66-1,77) pour les infections de la cavité buccale. La proportion des participants ayant terminé le protocole de soins bucco-dentaires est passée de 474 (15,9 %) sur 2988 à 1727 (61,9 %) sur 2791 après l'exposition à l'intervention.
Impact clinique : Cette étude multicentrique randomisée contrôlée démontre que l'amélioration des soins bucco-dentaires réduit l'incidence de la NV-HAP chez les patients hospitalisés, par rapport aux soins habituels. Nos résultats fournissent des preuves nouvelles et cliniquement importantes pour informer les futures lignes directrices de prévention et les politiques de contrôle des infections hospitalières.