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Contexte : Le sugammadex et le néostigmine sont utilisés pour inverser les agents bloquants neuromusculaires à base d'aminostéroïdes à la fin de la chirurgie. L'étude visait à déterminer si l'utilisation du sugammadex réduit l'incidence des complications pulmonaires postopératoires ou la mortalité par rapport au néostigmine.
Méthodologie : Un essai pragmatique, international, multicentrique, randomisé, contrôlé, de phase 4 a été mené dans 44 hôpitaux en Australie, en Nouvelle-Zélande et à Hong Kong. Les patients éligibles étaient des adultes (âgés de 40 ans ou plus) soumis à une chirurgie abdominale ou thoracique sous anesthésie générale d'une durée d'au moins 2 heures, avec un séjour postopératoire prévu d'au moins une nuit. Les patients ont été randomisés (1:1) en deux groupes (sugammadex ou néostigmine), avec des doses administrées par voie intraveineuse selon le choix de l'anesthésiste. La randomisation a été effectuée via un service en ligne, en blocs aléatoires de tailles variables (2 et 4), stratifiés par centre. Les patients, le personnel chargé de l'évaluation des résultats et les membres du comité d'adjudication des critères de fin d'étude étaient aveuglés. L'issue principale était l'incidence des complications pulmonaires postopératoires ou de la mortalité jusqu'au moment du déchargement hospitalier (ou le 7e jour postopératoire s'ils étaient encore hospitalisés).
Résultats : 3498 patients ont été inclus (1745 [49,9 %] dans le groupe sugammadex et 1753 [50,1 %] dans le groupe néostigmine). Les complications pulmonaires postopératoires ou la mortalité sont survenues chez 331 (19,0 %) des 1743 patients du groupe sugammadex et 377 (21,5 %) des 1752 patients du groupe néostigmine (rapport de risque [RR] 0,88 [IC 95 % 0,77-1,00] ; p = 0,049). La mortalité est survenue chez 1 (0,1 %) et 2 (0,1 %) patients (RR 0,50 [IC 95 % 0,05-5,53] ; p > 0,99). L'atélectasie a été observée chez 320 (18,4 %) des 1742 patients du groupe sugammadex et 370 (21,1 %) des 1750 patients du groupe néostigmine (RR 0,86 [IC 95 % 0,76-0,99] ; p = 0,030). La pneumonie est survenue chez 37 (2,1 %) des 1742 patients du groupe sugammadex et 38 (2,2 %) des 1750 patients du groupe néostigmine (RR 0,98 [IC 95 % 0,62-1,53] ; p = 0,92). L'aspiration pulmonaire est survenue chez 4 (0,2 %) des 1742 patients du groupe sugammadex et 7 (0,4 %) des 1750 patients du groupe néostigmine (RR 0,57 [IC 95 % 0,17-1,96] ; p = 0,38). Aucun cas de syndrome de détresse respiratoire aiguë n'a été rapporté. Aucun événement indésirable n'a été considéré comme lié au traitement.
Impact clinique : Le sugammadex a réduit l'incidence des complications pulmonaires postopératoires ou de la mortalité par rapport au néostigmine, avec une diminution modeste du risque, principalement liée à une réduction de l'atélectasie, dont l'importance clinique est incertaine. Le sugammadex peut être considéré comme une option de première ligne pour l'inversion de la blocade neuromusculaire induite par les aminostéroïdes à la fin de la chirurgie.