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Contexte : L'arthrite de Takayasu (TAK) est une vasculite des grands vaisseaux dans laquelle la néphrite glomérulaire est une complication rare, dont le profil clinique et histopathologique est mal caractérisé.
Methodologie : Une étude rétrospective a identifié des patients avec une néphrite glomérulaire confirmée par biopsie dans une cohorte monocentrique de TAK suivie entre 2014 et 2022. Une revue systématique des bases de données PubMed/MEDLINE, Scopus et Web of Science a été menée en parallèle, excluant les études sur des patients mineurs ou présentant des conditions auto-immunes confondantes ou des résultats de biopsie non classifiables.
Resultats : Parmi 72 patients atteints de TAK, trois (4,2 %) présentaient une néphrite glomérulaire confirmée par biopsie. La revue systématique a identifié 31 articles décrivant 39 cas supplémentaires (84,6 % de femmes ; âge médian au diagnostic de TAK : 26 ans ; âge médian au diagnostic de la maladie glomérulaire : 33 ans). La maladie glomérulaire a été diagnostiquée une médiane de 5 ans (IQR 0-11) après le diagnostic de TAK, souvent sous forme de protéinurie asymptomatique ou de syndrome néphrotique. La néphrite glomérulaire mésoangiale proliférative était la sous-type la plus fréquente (35,9 %), suivie de l'amylose AA (30,8 %), de la néphrite glomérulaire membrano-proliférative (12,8 %), de la sclérose segmentaire focale (10,3 %) et de la néphropathie membranoïde (7,7 %). L'atteinte de la sténose de l'artère rénale était absente dans 69,2 % des cas.
Impact clinique : La néphrite glomérulaire est une complication tardive rare mais cliniquement significative de la TAK, caractérisée par un spectre histopathologique distinct dominé par les lésions mésoangiales, l'amylose AA et la néphrite glomérulaire membrano-proliférative. Un dépistage régulier de la protéinurie chez les patients atteints de TAK, y compris en rémission clinique, est recommandé pour permettre une détection précoce et une prise en charge opportune.