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Contexte : Le stress chirurgical peut entraîner une anxiété et une dépression postopératoires, particulièrement chez les adolescents. Ces complications réduisent la qualité de vie et augmentent la charge médicale, mais les interventions psychologiques périopératoires pour les adolescents sont limitées, et les mécanismes associés restent peu clairs. L'eskétamine (S-kétamine), un antagoniste du récepteur N-méthyl-D-aspartate (NMDAR), possède des effets analgésiques, sédatifs, antidépresseurs et anxiolytiques, mais son efficacité et sa sécurité chez les patients adolescents subissant des interventions chirurgicales n'ont pas été étudiées de manière systématique.
Methodologie : Dans cet essai randomisé contrôlé en double aveugle prospectif, 92 adolescents (âgés de 13 à 18 ans) classés selon la classification de l'American Society of Anesthesiologists (ASA) I-II, soumis à une chirurgie élective, ont été randomisés pour recevoir une injection intraveineuse d'eskétamine (0,25 mg/kg) ou de sérum physiologique au moment de l'incision cutanée. L'anxiété et la dépression ont été évaluées à l'aide de l'échelle Hospital Anxiety and Depression Scale (HADS) ; les marqueurs inflammatoires (protéine C-réactive (CRP) et interleukine-6 (IL-6)) ont été mesurés ; la douleur a été évaluée à l'aide de l'échelle de douleur numérique (NRS). Les événements indésirables ont été enregistrés.
Resultats : Huitante patients ont terminé l'étude. Le groupe recevant l'eskétamine a présenté des scores d'anxiété significativement plus faibles les jours 1, 3, 7 et 14 postopératoires (P < 0,05). Les scores de dépression étaient significativement différents uniquement le jour 14 (P = 0,043). Aucune différence significative n'a été observée entre les groupes concernant les marqueurs inflammatoires ou les événements indésirables. L'eskétamine était un facteur protecteur contre l'anxiété postopératoire (OR = 0,38, P < 0,05).
Impact clinique : L'administration d'une dose sous-anesthésique d'eskétamine pendant l'intervention chirurgicale réduit efficacement l'anxiété postopératoire et atténue partiellement les symptômes dépressifs chez les adolescents, avec une sécurité acceptable. Cependant, limité par la taille d'échantillon et la conception monocentrique, des études multicentriques avec un suivi prolongé sont nécessaires.