📌Contexte & Problématique

La maladie artérielle périphérique (MAP) résulte du rétrécissement des artères. La chirurgie de reconstruction artérielle est le traitement de choix pour les cas graves. Les infections de greffe et les infections du site opératoire (ISO) sont une complication redoutée et fréquente de la chirurgie vasculaire, ayant un impact significatif sur la santé mondiale. L'évaluation de l'efficacité des mesures préventives est essentielle.

🧪Méthodologie

Revue systématique et méta-analyse d'essais contrôlés randomisés (ECR) et quasi-ECR évaluant diverses interventions pharmacologiques et non pharmacologiques (antibiothérapie, antisepsie, gestion des plaies) pour prévenir les infections après une reconstruction artérielle périphérique du membre inférieur. Les bases de données Cochrane Vascular Specialised Register, CENTRAL, MEDLINE, Embase, LILACS et CINAHL ont été consultées jusqu'au 26 août 2024.

📊Résultats Clés

Inclusion de 35 ECR et 5 quasi-ECR totalisant 7970 participants. L'analyse a porté sur 16 comparaisons pour neuf critères de jugement. Les principales comparaisons étaient : antibiotiques prophylactiques versus placebo ou absence de traitement ; antibiothérapie prophylactique de courte durée (<= 24 heures) versus longue durée (> 24 heures) ; différents types d'antibiothérapie prophylactique systémique (l'un versus l'autre) ; et thérapie par pression négative à incision fermée versus fermeture standard de la plaie. Les antibiotiques prophylactiques pourraient réduire le taux d'infection de greffe (RR 0.19, IC 95% 0.06 à 0.63) et le taux d'ISO (RR 0.20, IC 95% 0.11 à 0.34). La thérapie par pression négative à incision fermée pourrait réduire le taux d'ISO (RR 0.49, IC 95% 0.27 à 0.86).

🩺Impact Clinique

Les antibiotiques prophylactiques pourraient réduire les ISO dans la reconstruction artérielle périphérique du membre inférieur, avec un niveau de preuve faible. Aucune supériorité n'a été constatée entre des antibiotiques spécifiques ou des différences dans l'utilisation prolongée (plus de 24 heures) par rapport à une utilisation plus courte (jusqu'à 24 heures), avec un niveau de preuve faible. La thérapie par pression négative à incision fermée pourrait réduire le risque d'ISO, mais ceci est basé sur un niveau de preuve très faible. La prudence est de mise lors de l'interprétation de ces conclusions en raison du nombre limité d'événements dans tous les groupes et comparaisons.