📌Contexte & Problématique

Le traitement d'entretien de première ligne avec des inhibiteurs de la poly(adénosine diphosphate-ribose) polymérase (inhibiteurs de PARP) après une chimiothérapie à base de platine améliore la survie sans progression (SSP) dans le cancer épithélial de l'ovaire (CEO) avancé, en particulier chez les patientes présentant une variante BRCA ou des tumeurs déficientes en recombinaison homologue. Cependant, les bénéfices en termes de survie globale (SG) restent incertains, et les profils d'effets toxiques soulignent la nécessité d'optimiser la sélection des patientes et des agents.

🧪Méthodologie

Une revue systématique et méta-analyse a été réalisée à partir de recherches dans Medline, Embase, Web of Science, Cochrane Central Register of Controlled Trials et ClinicalTrials.gov jusqu'au 19 août 2024. L'étude a inclus des essais cliniques randomisés et des études prospectives à 2 bras évaluant le traitement d'entretien par inhibiteur de PARP chez les patientes atteintes d'un CEO de stade avancé répondant à une chimiothérapie de première ligne à base de platine. Des modèles à effets aléatoires ont été utilisés pour la méta-analyse.

📊Résultats Clés

Un total de 7 essais cliniques randomisés portant sur 4013 patientes atteintes d'un cancer épithélial de l'ovaire de stade avancé répondant à une chimiothérapie de première ligne à base de platine ont été inclus. Le traitement d'entretien par inhibiteur de PARP a été associé à une amélioration de la SSP dans la population globale (hazard ratio [HR], 0,57 ; IC à 95 %, 0,46-0,70 ; certitude élevée) et dans tous les sous-groupes moléculaires, à l'exception du groupe compétent en recombinaison homologue (variante BRCA : HR, 0,40 ; IC à 95 %, 0,35-0,45 ; type sauvage BRCA : HR, 0,62 ; IC à 95 %, 0,44-0,86 ; déficient en recombinaison homologue : HR, 0,44 ; IC à 95 %, 0,39-0,50 ; tous avec une certitude élevée). Les bénéfices en SSP étaient cohérents quel que soit le moment de la chirurgie, les réponses à la chimiothérapie et la maladie résiduelle. Aucun sous-groupe moléculaire n'a montré une amélioration statistiquement significative de la SG (certitude élevée à faible). Les événements indésirables de haut grade étaient plus fréquents dans le groupe inhibiteur de PARP (HR, 2,40 ; IC à 95 %, 1,16-4,93 ; certitude élevée).

🩺Impact Clinique

Aucun sous-groupe n'a montré d'association entre le traitement d'entretien de première ligne par inhibiteur de PARP dans le CEO de stade avancé et une amélioration de la SG. La cohérence des bénéfices associés à la SSP peut varier, en particulier dans les tumeurs compétentes en recombinaison homologue et de type sauvage BRCA. La variabilité de l'efficacité et des effets toxiques entre les sous-groupes et les schémas d'inhibiteurs de PARP souligne l'importance de décisions thérapeutiques individualisées.