📌Contexte & Problématique
La nécessité d'une thérapie anticoagulante orale à long terme après une ablation réussie par cathéter pour fibrillation auriculaire est incertaine.
🧪Méthodologie
Un essai international, ouvert, randomisé, avec évaluation des résultats en aveugle a été mené auprès de 1284 patients ayant subi une ablation réussie par cathéter pour fibrillation auriculaire au moins 1 an auparavant et ayant un score CHA2DS2-VASc (allant de 0 à 9, les scores plus élevés indiquant un risque plus élevé d'accident vasculaire cérébral (AVC)) de 1 ou plus (ou =2 pour les femmes ou les patients présentant une maladie vasculaire comme facteur de risque). Les patients ont été randomisés pour recevoir soit de l'aspirine (à une dose de 70 à 120 mg par jour), soit du rivaroxaban (à une dose de 15 mg) et suivis pendant 3 ans. Une imagerie par résonance magnétique (IRM) de la tête a été réalisée après l'inclusion et à 3 ans. Le critère de jugement principal était un composite d'AVC, d'embolie systémique ou de nouvel AVC embolique occulte (défini par =1 nouvel infarctus mesurant =15 mm à l'IRM) à 3 ans.
📊Résultats Clés
Un total de 641 patients ont été assignés au groupe rivaroxaban et 643 au groupe aspirine. Un événement du critère de jugement principal est survenu chez 5 patients (0,31 événements pour 100 patients-années) dans le groupe rivaroxaban et chez 9 patients (0,66 événements pour 100 patients-années) dans le groupe aspirine (risque relatif, 0,56 ; intervalle de confiance [IC] à 95 %, 0,19 à 1,65 ; différence de risque absolu à 3 ans, -0,6 points de pourcentage ; IC à 95 %, -1,8 à 0,5 ; P = 0,28). De nouveaux infarctus cérébraux mesurant moins de 15 mm sont survenus chez 22 des 568 patients (3,9 %) dans le groupe rivaroxaban et chez 26 des 590 patients (4,4 %) dans le groupe aspirine (risque relatif, 0,89 ; IC à 95 %, 0,51 à 1,55). Des saignements fatals ou majeurs (le critère de jugement principal composite de sécurité) sont survenus chez 10 patients (1,6 %) sous rivaroxaban et chez 4 patients (0,6 %) sous aspirine (hazard ratio, 2,51 ; IC à 95 %, 0,79 à 7,95) à 3 ans.
🩺Impact Clinique
Chez les patients ayant subi une ablation réussie par cathéter pour fibrillation auriculaire au moins 1 an auparavant et présentant des facteurs de risque d'AVC, le traitement par rivaroxaban n'a pas entraîné une incidence significativement plus faible d'un composite d'AVC, d'embolie systémique ou de nouvel AVC embolique occulte que le traitement par aspirine.