📌Contexte & Problématique
La monothérapie par conjugué anticorps-médicament ciblant le récepteur 2 du facteur de croissance épidermique humain (HER2) a montré une efficacité clinique préliminaire chez les patients atteints d'un cancer urothélial localement avancé ou métastatique HER2-positif réfractaire à la chimiothérapie. Des données antérieures ont montré une activité antitumorale et une sécurité prometteuses du disitamab vedotin spécifique à HER2 en monothérapie et en association avec une immunothérapie ciblant la protéine 1 de mort cellulaire programmée (PD-1) dans ce cancer.
🧪Méthodologie
Il s'agit d'un essai de phase 3, multicentrique, ouvert et randomisé. Les patients atteints d'un cancer urothélial localement avancé ou métastatique exprimant HER2 (score immunohistochimique de 1+, 2+ ou 3+) non traité auparavant ont été assignés selon un ratio de 1:1 pour recevoir soit du disitamab vedotin plus du toripalimab spécifique de PD-1 toutes les 2 semaines, soit une chimiothérapie (gemcitabine plus cisplatine ou carboplatine) toutes les 3 semaines. Les deux principaux critères d'évaluation étaient la survie sans progression (évaluée par un examen indépendant à l'aveugle) et la survie globale. Les critères d'évaluation secondaires comprenaient la réponse objective et la sécurité. L'analyse de la survie sans progression et l'analyse intermédiaire de la survie globale sont rapportées.
📊Résultats Clés
Un total de 484 patients ont été randomisés. Le suivi médian était de 18,2 mois. La survie sans progression était significativement plus longue dans le groupe disitamab vedotin-toripalimab que dans le groupe chimiothérapie (médiane de 13,1 vs 6,5 mois ; rapport de risque de progression ou de décès, 0,36 ; intervalle de confiance [IC] à 95 %, 0,28 à 0,46 ; P<0,001). La survie globale était également significativement plus longue dans le groupe disitamab vedotin-toripalimab que dans le groupe chimiothérapie (médiane de 31,5 vs 16,9 mois ; rapport de risque de décès, 0,54 ; IC à 95 %, 0,41 à 0,73 ; P<0,001). Le pourcentage de patients présentant une réponse objective était de 76,1 % (IC à 95 %, 70,3 à 81,3) dans le groupe disitamab vedotin-toripalimab et de 50,2 % (IC à 95 %, 43,7 à 56,7) dans le groupe chimiothérapie. Le profil de sécurité du disitamab vedotin plus toripalimab était plus favorable que celui de la chimiothérapie ; des événements indésirables liés au traitement de grade 3 ou supérieur sont survenus chez 55,1 % des patients ayant reçu du disitamab vedotin plus toripalimab et chez 86,9 % de ceux ayant reçu une chimiothérapie.
🩺Impact Clinique
Le disitamab vedotin-toripalimab a entraîné une amélioration significativement plus importante des résultats que la chimiothérapie chez les patients atteints d'un cancer urothélial localement avancé ou métastatique exprimant HER2 non traité.