📌Contexte & Problématique
L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande les thérapies combinées à base d'artémisinine (ACT) pour traiter le paludisme non compliqué à Plasmodium falciparum. Les préoccupations concernant la résistance à l'artémisinine ont conduit à des initiatives mondiales pour développer de nouveaux médicaments partenaires afin de protéger les dérivés de l'artémisinine dans les ACT. La pyronaridine-artésunate (PY-AS) est une nouvelle ACT recommandée pour la première fois par l'OMS en 2022.
🧪Méthodologie
Une revue systématique et méta-analyse a été réalisée, incluant 15 études (14 essais contrôlés randomisés (ECR) et 1 étude quasi-expérimentale) avec 7295 participants pour l'analyse d'efficacité et de sécurité. Une analyse de sécurité distincte a inclus 10 études non randomisées (ENR) avec 11 783 participants. Les ECR comparaient la pyronaridine-artésunate à d'autres ACT recommandées par l'OMS chez des adultes et des enfants atteints de paludisme non compliqué à P. falciparum.
📊Résultats Clés
La pyronaridine-artésunate est probablement plus efficace que l'artéméther-luméfantrine pour les échecs de traitement ajustés par PCR à 28 jours (RR 0,40, IC à 95 % 0,19 à 0,85) et pour les échecs non ajustés à 28 et 42 jours. Elle pourrait être plus efficace que l'artésunate-amodiaquine pour les échecs ajustés et non ajustés par PCR à 28 jours. Comparée à l'artésunate-méfloquine, elle pourrait être plus efficace pour les échecs non ajustés par PCR à 28 jours, mais pourrait entraîner davantage d'échecs ajustés par PCR à 42 jours. La pyronaridine-artésunate est associée à une augmentation des enzymes hépatiques (alanine aminotransférase (ALT) et aspartate transaminase (AST)) par rapport aux autres antipaludiques.
🩺Impact Clinique
La pyronaridine-artésunate est efficace contre le paludisme non compliqué à P. falciparum, atteignant un taux d'échec de traitement ajusté par PCR inférieur à 8 % aux jours 28 et 42. Elle pourrait être au moins aussi efficace que l'artésunate-amodiaquine et l'artésunate-méfloquine, et au moins aussi efficace, voire plus, que l'artéméther-luméfantrine. Cependant, elle augmente le risque d'élévation anormale des ALT et AST par rapport aux autres traitements étudiés.