📌Contexte & Problématique

Les patients atteints de tumeurs cérébrales présentent un risque accru d'événements thromboemboliques artériels et veineux. Cependant, en raison du risque d'hémorragie intracrânienne (HIC), les pratiques cliniques varient quant à la préférence pour le traitement anticoagulant.

🧪Méthodologie

Une méta-analyse a été réalisée à partir de recherches dans MEDLINE, Embase, Web of Science et Cochrane Central Register of Controlled Trials (janvier 2010-juin 2025) pour identifier des essais contrôlés randomisés ou des études de cohortes portant sur des adultes (âge >= 18 ans) atteints de tumeurs cérébrales primaires ou métastatiques recevant des anticoagulants oraux directs (AOD) thérapeutiques (apixaban, rivaroxaban, edoxaban, betrixaban et dabigatran) versus de l'héparine de bas poids moléculaire (HBPM) (énoxaparine, daltéparine, nadroparine et tinzaparine).

📊Résultats Clés

Dix études de cohortes rétrospectives (1 572 patients : 645 sous AOD, 895 sous HBPM) ont été incluses. L'âge moyen ou médian des patients variait de 60,4 à 67 ans (AOD) contre 53 à 64 ans (HBPM), avec des durées de suivi allant de 3 à 12 mois. Les patients atteints de tumeurs cérébrales primaires ou métastatiques recevant des AOD présentaient un risque significativement plus faible de toute HIC par rapport à l'HBPM (RR = 0,50, IC à 95 % 0,29-0,87 ; p = 0,01, I2 = 49,50 %). La réduction était plus prononcée dans les 3 études avec un suivi de trois mois (RR = 0,23, IC à 95 % 0,09-0,57 ; p < 0,01, I2 < 0,01 %). Les analyses stratifiées ont montré un risque réduit d'HIC avec les AOD dans les tumeurs cérébrales primaires (5 études, RR = 0,20, IC à 95 % 0,08-0,54 ; p < 0,01, I2 < 0,01 %) mais pas dans les tumeurs cérébrales métastatiques (5 études, RR = 0,86, IC à 95 % 0,44-1,68 ; p = 0,66, I2 = 36,04 %).

🩺Impact Clinique

Les AOD ont été associés à un risque d'HIC significativement plus faible que l'HBPM chez les patients atteints de tumeurs cérébrales sous anticoagulants, en particulier ceux atteints de tumeurs cérébrales primaires. Les résultats soutiennent l'utilisation des AOD comme anticoagulant sûr dans la thromboembolie artérielle et veineuse. Compte tenu des conceptions observationnelles avec des biais inhérents, les résultats méritent une interprétation prudente.