📌Contexte & Problématique
Les patients atteints d'un cancer de la vessie non invasif musculaire (CVNIM) à haut risque présentent souvent une récidive ou une progression après résection transurétrale de la tumeur vésicale (RTUTV) et une thérapie ultérieure par le BCG. L'étude visait à évaluer si l'administration de durvalumab pendant un an avec le BCG pouvait améliorer les résultats par rapport au BCG seul chez ces patients.
🧪Méthodologie
Il s'agit d'un essai randomisé, ouvert, de phase 3, mené auprès de patients âgés de 18 ans ou plus atteints d'un CVNIM à haut risque et naïfs au BCG ayant subi une RTUTV. Les patients ont été répartis aléatoirement (1:1:1) pour recevoir du durvalumab par voie intraveineuse (toutes les 4 semaines pendant 13 cycles) plus une induction de BCG intravésical (hebdomadaire pendant 6 semaines) et un entretien (trois doses à intervalles hebdomadaires à 3, 6, 12, 18 et 24 mois), du durvalumab plus une induction de BCG, ou une induction et un entretien de BCG (groupe de comparaison). Le critère d'évaluation principal était la survie sans maladie évaluée par l'investigateur dans le groupe durvalumab plus induction et entretien de BCG par rapport au groupe de comparaison dans la population en intention de traiter.
📊Résultats Clés
Entre le 18 juin 2018 et le 2 octobre 2020, 1350 patients ont été évalués pour l'éligibilité, parmi lesquels 1018 patients ont été répartis aléatoirement : 339 dans le groupe durvalumab plus induction et entretien de BCG (dont 336 [99%] ont initié et 180 [53%] ont terminé le traitement), 339 dans le groupe durvalumab plus induction de BCG (337 [99%] ont initié et 239 [71%] ont terminé le traitement), et 340 dans le groupe de comparaison (339 [>99%] ont initié et 182 [54%] ont terminé le traitement). Après un suivi médian de 60,7 mois (IQR 51,5-66,5), il y a eu 67 (20%) événements de survie sans maladie dans le groupe durvalumab plus induction et entretien de BCG et 98 (29%) événements dans le groupe de comparaison, ce qui a entraîné une réduction de 32% du risque de récidive de la maladie à haut risque ou de décès toutes causes confondues avec le durvalumab plus induction et entretien de BCG par rapport au groupe de comparaison (hazard ratio 0,68 [IC 95% 0,50-0,93] ; log-rank p=0,015). Parmi les patients ayant reçu au moins une dose du traitement à l'étude, des événements indésirables de grade 3 ou 4 liés au traitement sont survenus chez 71 (21%) des 336 patients du groupe durvalumab plus induction et entretien de BCG, chez 52 (15%) du groupe durvalumab plus induction de BCG seulement et chez 13 (4%) des 339 patients du groupe de comparaison. Aucun événement indésirable lié au traitement n'a entraîné la mort.
🩺Impact Clinique
Chez les patients atteints d'un CVNIM à haut risque et naïfs au BCG, l'administration de durvalumab pendant un an en association avec une thérapie d'induction et d'entretien par le BCG a montré une amélioration statistiquement significative et cliniquement pertinente de la survie sans maladie par rapport à l'induction et à l'entretien par le BCG seuls. L'association a présenté un profil de sécurité gérable, conforme à celui des thérapies individuelles. Ces résultats soutiennent l'utilisation de durvalumab pendant un an en association avec une thérapie d'induction et d'entretien par le BCG comme nouveau traitement potentiel pour cette population de patients.