📌Contexte & Problématique
Les causes de décès dans l'insuffisance cardiaque à fraction d'éjection réduite (ICFEr) peuvent évoluer avec le temps. Ces changements peuvent influencer le rapport bénéfice-risque des interventions telles que les défibrillateurs automatiques implantables (DAI), conçus pour prévenir la mort subite cardiaque. Un suivi à long terme est donc essentiel pour déterminer si les bénéfices initiaux sont maintenus, atténués ou perdus.
🧪Méthodologie
L'essai DANISH a inclus 1 116 patients atteints d'ICFEr non ischémique, avec une fraction d'éjection ventriculaire gauche ≤35%, une classe fonctionnelle NYHA II-III (classe IV si une thérapie de resynchronisation cardiaque était prévue) et des taux élevés de peptides natriurétiques. Le critère d'évaluation principal était la mortalité toutes causes confondues, et les critères secondaires étaient la mortalité cardiovasculaire et la mort subite cardiovasculaire. Les patients ont été suivis jusqu'au décès ou jusqu'au 31 janvier 2024.
📊Résultats Clés
Après un suivi médian de 13,2 ans, 294 patients (52,9%) du groupe DAI et 299 (53,4%) du groupe témoin sont décédés. L'implantation d'un DAI n'a pas réduit de manière significative le taux de mortalité toutes causes confondues à long terme (HR : 0,96 ; IC à 95% : 0,82-1,13), mais elle a réduit le taux de mort subite cardiovasculaire à long terme (HR : 0,54 ; IC à 95% : 0,36-0,80). L'âge modifie l'effet du DAI sur la mort subite cardiovasculaire, avec une réduction chez les patients ≤70 ans (HR : 0,38 ; IC à 95% : 0,23-0,62) mais pas chez ceux >70 ans (HR : 1,27 ; IC à 95% : 0,56-2,89).
🩺Impact Clinique
Chez les patients atteints d'ICFEr non ischémique, après un suivi médian de 13,2 ans, l'implantation d'un DAI en prévention primaire n'a pas réduit la mortalité toutes causes confondues, mais elle a réduit la mort subite cardiovasculaire, et les individus plus jeunes semblent en tirer un plus grand bénéfice.