📌Contexte & Problématique

Le COVID long se caractérise par des symptômes persistants après l'infection par le SARS-CoV-2, l'inflammation jouant un rôle clé dans la pathogenèse. La colchicine, un agent anti-inflammatoire établi, pourrait réduire ces symptômes en ciblant les voies inflammatoires.

🧪Méthodologie

Un essai clinique randomisé en double aveugle (1:1) a été mené auprès de participants présentant une infection confirmée par le SARS-CoV-2 et des symptômes persistants dans 8 hôpitaux de 6 états en Inde entre janvier 2022 et juillet 2023. Les participants devaient présenter une limitation fonctionnelle (échelle de statut fonctionnel post-COVID-19 de grade 2 ou plus) et/ou des marqueurs inflammatoires élevés (protéine C-réactive à haute sensibilité >0,20 mg/dL et/ou rapport neutrophiles/lymphocytes >5). Les participants ont été randomisés pour recevoir de la colchicine (0,5 mg une ou deux fois par jour, en fonction du poids corporel) ou un placebo pendant 26 semaines. Les résultats ont été évalués à 12, 26 et 52 semaines après la randomisation.

📊Résultats Clés

Sur les 346 participants inclus dans l'analyse en intention de traiter modifiée, 209 (60,4 %) étaient des femmes, 137 (39,6 %) étaient des hommes, et l'âge moyen (écart type) était de 46 (12) ans. À 52 semaines, aucune différence n'a été observée dans la variation moyenne (écart type) de la distance parcourue lors du test de marche de 6 minutes entre les groupes colchicine et placebo (colchicine, 35,5 [19,76] m ; placebo, 29,96 [19,83] m ; différence moyenne, 5,59 m ; IC à 95 %, -9,00 à 20,18 ; P = 0,45). Des résultats nuls similaires ont été observés pour tous les critères de jugement prédéfinis, à l'exception d'une petite différence non cliniquement pertinente dans le rapport moyen (écart type) du volume expiratoire maximal en 1 seconde (VEMS) sur la capacité vitale forcée (CVF) (colchicine, -0,02 [0,03] ; placebo, -0,06 [0,03] ; différence moyenne, 0,04 ; IC à 95 %, 0,02 à 0,07 ; P = 0,001).

🩺Impact Clinique

Dans cet essai clinique randomisé, chez les adultes atteints de COVID long, la colchicine n'a pas amélioré la capacité fonctionnelle, la fonction respiratoire ou les marqueurs inflammatoires. Ces résultats soulignent la nécessité d'explorer d'autres approches thérapeutiques pour le COVID long.