📌Contexte & Problématique
Cette revue Cochrane met à jour une publication de 2012 concernant l'initiation d'une monothérapie antihypertensive ou d'une thérapie progressive chez les personnes atteintes d'hypertension légère non traitée (pression artérielle systolique de 140 à 159 mmHg ou pression artérielle diastolique de 90 à 99 mmHg, ou les deux) et sans maladie cardiovasculaire préexistante. L'objectif est de réévaluer si la pharmacothérapie antihypertensive réduit le risque de mortalité toutes causes confondues, d'événements cardiovasculaires totaux, d'accident vasculaire cérébral (AVC), de maladie coronarienne ou d'arrêts prématurés du traitement en raison d'effets indésirables.
🧪Méthodologie
Des essais contrôlés randomisés (ECR) d'une durée d'au moins un an comparant l'initiation d'une monothérapie antihypertensive ou d'une thérapie progressive, ou les deux, versus placebo ou absence de traitement chez des participants atteints d'hypertension légère et sans maladie cardiovasculaire préexistante ont été inclus. Les données ont été extraites indépendamment et en double par deux auteurs.
📊Résultats Clés
L'analyse de cinq essais impliquant 9124 participants suggère peu ou pas de réduction de la mortalité toutes causes confondues (RR 0,85, IC à 95 % 0,64 à 1,14), des événements cardiovasculaires totaux (RR 0,93, IC à 95 % 0,69 à 1,24) ou de la maladie coronarienne (RR 1,12, IC à 95 % 0,80 à 1,57). Il pourrait y avoir une diminution du risque d'AVC (RR 0,41, IC à 95 % 0,20 à 0,84) et une augmentation des arrêts prématurés du traitement en raison d'effets indésirables (RR 4,80, IC à 95 % 4,14 à 5,57) avec les antihypertenseurs. La certitude des preuves a été déclassée en raison de l'imprécision, du caractère indirect et du risque de biais.
🩺Impact Clinique
Chez les personnes atteintes d'hypertension légère non traitée et sans maladie cardiovasculaire préexistante, l'initiation d'une monothérapie antihypertensive ou d'une thérapie progressive pourrait ne pas réduire la mortalité toutes causes confondues, les événements cardiovasculaires totaux ou la maladie coronarienne par rapport à ceux qui ont reçu un placebo ou aucun traitement. Il pourrait y avoir une réduction des AVC, mais aussi une augmentation des arrêts prématurés du traitement en raison d'effets indésirables.