📌Contexte & Problématique

L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande le traitement préventif intermittent du paludisme pendant la grossesse (TPIg) avec la sulfadoxine-pyriméthamine. Cependant, l'efficacité de ce traitement est menacée par la résistance généralisée de Plasmodium falciparum, en particulier en Afrique de l'Est et australe. La dihydroartémisinine-pipéraquine a montré des effets antipaludiques supérieurs à la sulfadoxine-pyriméthamine, mais cette dernière a été associée à de meilleurs résultats de naissance que la dihydroartémisinine-pipéraquine. L'hypothèse est qu'une combinaison des deux médicaments améliorerait les résultats de naissance.

🧪Méthodologie

Un essai randomisé, contrôlé et en double aveugle a été mené auprès de 2757 femmes enceintes en Ouganda, où la résistance des parasites du paludisme à la sulfadoxine-pyriméthamine est répandue. Les femmes ont été assignées aléatoirement (1:1:1) à un TPIg mensuel avec sulfadoxine-pyriméthamine, dihydroartémisinine-pipéraquine, ou dihydroartémisinine-pipéraquine plus sulfadoxine-pyriméthamine. Le critère de jugement principal était un résultat composite défavorable à la naissance, incluant avortement spontané, mortinaissance, faible poids de naissance (FPN, < 2500 g), accouchement prématuré (< 37 semaines), petit pour l'âge gestationnel ou décès néonatal.

📊Résultats Clés

La combinaison dihydroartémisinine-pipéraquine plus sulfadoxine-pyriméthamine n'a pas réduit le risque de résultat composite défavorable à la naissance par rapport à la dihydroartémisinine-pipéraquine seule (30,0 % versus 30,9 %, risque relatif (RR) 0,97 [IC 95 % 0,84-1,12] ; p = 0,70) ou à la sulfadoxine-pyriméthamine (30,0 % versus 26,4 %, RR 1,14 [IC 95 % 0,98-1,33] ; p = 0,10). Le risque de résultat composite défavorable à la naissance était plus élevé avec la dihydroartémisinine-pipéraquine qu'avec la sulfadoxine-pyriméthamine (30,9 % versus 26,4 %, RR 1,17 [IC 95 % 1,01-1,36] ; p = 0,04). La combinaison dihydroartémisinine-pipéraquine plus sulfadoxine-pyriméthamine était associée à un risque plus élevé d'être petit pour l'âge gestationnel et de faible poids de naissance par rapport à la sulfadoxine-pyriméthamine, et à un risque plus élevé d'accouchement prématuré par rapport à la dihydroartémisinine-pipéraquine. La dihydroartémisinine-pipéraquine était associée à une réduction de 94 % de l'incidence du paludisme symptomatique et de 97 % du risque de parasitémie microscopique par rapport à la sulfadoxine-pyriméthamine. Il n'y avait pas de différences significatives dans l'incidence des événements indésirables de grade 3-4 entre les groupes.

🩺Impact Clinique

Malgré l'activité antipaludique supérieure de la dihydroartémisinine-pipéraquine, la sulfadoxine-pyriméthamine seule était associée à de meilleurs résultats de naissance. La combinaison dihydroartémisinine-pipéraquine plus sulfadoxine-pyriméthamine pour le TPIg n'a pas amélioré les résultats de naissance par rapport à la sulfadoxine-pyriméthamine ou à la dihydroartémisinine-pipéraquine seule.