📌Contexte & Problématique
Les recommandations internationales déconseillent la réhydratation intraveineuse chez les enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère en raison des risques de surcharge hydrique, bien que les preuves à l'appui de cette préoccupation soient limitées. Compte tenu de la mortalité élevée associée aux recommandations actuelles, l'adoption de stratégies de réhydratation intraveineuse pourrait améliorer les résultats.
🧪Méthodologie
Un essai factoriel de supériorité en ouvert a été mené dans quatre pays d'Afrique. Des enfants âgés de 6 mois à 12 ans souffrant de malnutrition aiguë sévère avec gastro-entérite et déshydratation ont été randomisés selon un ratio de 2:1:1 dans l'une des trois stratégies de réhydratation suivantes : réhydratation orale, plus bolus intraveineux en cas de choc ; une stratégie intraveineuse rapide consistant en une solution de Ringer lactate (100 ml par kilogramme de poids corporel) administrée sur une période de 3 à 6 heures, avec bolus en cas de choc ; ou une stratégie intraveineuse lente consistant en la même solution administrée sur une période de 8 heures, sans bolus.
📊Résultats Clés
Au total, 272 enfants ont été randomisés : 138 ont été affectés à la stratégie orale, 67 à la stratégie intraveineuse rapide et 67 à la stratégie intraveineuse lente. Les participants ont été suivis pendant 28 jours. Une sonde nasogastrique a été utilisée pour la réhydratation orale chez 126 des 135 participants (93 %) du groupe oral et chez 82 des 126 (65 %) des groupes intraveineux. Des bolus intraveineux ont été administrés à l'admission à 12 participants (9 %) du groupe oral, 7 (10 %) du groupe intraveineux rapide et à aucun du groupe intraveineux lent. À 96 heures, 11 participants (8 %) du groupe oral et 9 (7 %) des groupes intraveineux (5 dans le groupe rapide et 4 dans le groupe lent) étaient décédés (risque relatif, 1,02 ; intervalle de confiance [IC] à 95 %, 0,41 à 2,52 ; P = 0,69). À 28 jours, 17 participants (12 %) du groupe oral et 14 (10 %) des groupes intraveineux étaient décédés (rapport de risque, 0,85 ; IC à 95 %, 0,41 à 1,78). Des événements indésirables graves sont survenus chez 32 participants (23 %) du groupe oral, 14 (21 %) du groupe intraveineux rapide et 10 (15 %) du groupe intraveineux lent. Aucun signe d'œdème pulmonaire, d'insuffisance cardiaque ou de surcharge hydrique n'a été observé.
🩺Impact Clinique
Chez les enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère et de gastro-entérite, aucune différence de mortalité à 96 heures n'a été observée entre les stratégies de réhydratation orale et intraveineuse.