📌Contexte & Problématique

Les troubles liés à la consommation d'alcool (TCA) sont fréquents chez les patients hospitalisés. Les médicaments pour les TCA ne sont généralement pas initiés dans ce contexte. L'efficacité comparative entre l'initiation de la naltrexone orale et de la naltrexone injectable à libération prolongée à l'hôpital est inconnue.

🧪Méthodologie

L'étude Alcohol Disorder Hospital Treatment (ADOPT) est un essai clinique randomisé mené dans un hôpital universitaire urbain aux États-Unis, avec recrutement entre juin 2016 et mars 2020. Les patients hospitalisés ont été sélectionnés pour l'éligibilité, et ceux atteints de TCA et ayant une consommation excessive d'alcool récente (définie comme 5 boissons ou plus pour les hommes et 4 boissons ou plus pour les femmes) ont été inclus. Les résultats ont été évalués à un suivi de 3 mois ; les évaluateurs n'étaient pas aveugles à l'affectation du traitement. Les données ont été analysées de mai 2021 à septembre 2023. Les participants ont reçu soit de la naltrexone orale quotidienne, soit de la naltrexone injectable à libération prolongée mensuelle. Tous ont reçu une prise en charge médicale avec une infirmière de recherche spécialisée dans la toxicomanie.

📊Résultats Clés

Sur 248 participants, 199 (80,2 %) étaient des hommes, et l'âge moyen (écart type) était de 49,4 (10,4) ans. Le pourcentage médian initial (IQR) de jours de forte consommation d'alcool (JFCA) au cours des 30 derniers jours était de 80,0 % (43,3-100). Au suivi de 3 mois, le pourcentage moyen de JFCA au cours des 30 derniers jours a été réduit dans les deux groupes (naltrexone orale : valeur de base, 66,7 % de JFCA ; suivi de 3 mois, 27,4 % de JFCA ; différence, -38,4 points de pourcentage ; IC à 95 %, -125,0 à 48,2 ; naltrexone injectable à libération prolongée : valeur de base, 70,7 % de JFCA ; suivi de 3 mois, 23,8 % de JFCA ; différence, -46,4 points de pourcentage ; IC à 95 %, -123,4 à 30,6 ; P = 0,14). Au suivi, 59 des 109 dans le bras naltrexone orale (54,1 %) et 66 des 108 dans le bras naltrexone injectable à libération prolongée (61,1 %) ont signalé une utilisation aiguë des soins de santé au cours des 3 mois précédents ; les chances de cette utilisation n'étaient pas significativement différentes entre les groupes (odds ratio ajusté, 1,34 ; IC à 95 %, 0,77-2,33).

🩺Impact Clinique

Dans cet essai clinique randomisé, lorsqu'elle est initiée au moment de la sortie de l'hôpital, la naltrexone orale et la naltrexone injectable à libération prolongée n'ont pas différé en termes d'efficacité. Les participants ont connu des réductions substantielles des JFCA dans les deux groupes de traitement ; cependant, il n'y avait pas de différence significative dans la réduction du pourcentage de JFCA au cours des 30 derniers jours ou de l'utilisation aiguë des soins de santé entre les groupes. L'hospitalisation représente une opportunité de commencer la pharmacothérapie des TCA ; le choix de la naltrexone orale ou de la naltrexone injectable à libération prolongée devrait être guidé par des facteurs tels que la préférence du patient et l'assurance.