📌Contexte & Problématique
Les biomarqueurs cérébraux sont utilisés pour prédire les lésions intracrâniennes chez l'adulte et l'enfant après un traumatisme crânien léger (TCL). Plusieurs biomarqueurs ont été évalués, notamment S100B, NfL, Tau, la protéine gliofibrillaire acide (GFAP) et l'ubiquitine carboxy-terminal hydrolase L1 (UCH-L1). La mesure combinée de GFAP et UCH-L1 a récemment été recommandée, mais aucune méta-analyse sur le sujet n'a encore été réalisée.
🧪Méthodologie
Une méta-analyse a été réalisée pour évaluer la valeur pronostique de l'association des taux sanguins de GFAP et UCH-L1 dans la prédiction des lésions intracérébrales chez l'adulte après un TCL. Un protocole a été conçu et enregistré auprès de PROSPERO. Les études ont été sélectionnées si elles incluaient des adultes atteints de TCL ayant subi une mesure de GFAP et/ou UCH-L1 et des tomodensitométries crâniennes. La qualité de chaque étude a été évaluée à l'aide des critères Quality Assessment of Diagnostic Accuracy Studies 2. Trois bases de données (Medline, Embase et le Cochrane Central Register of Controlled Trials) ont été consultées.
📊Résultats Clés
Sur les 379 articles examinés, 16 ont été sélectionnés pour inclusion. La sensibilité (Se) et la spécificité (Spe) globales regroupées étaient de 100 % (intervalle de confiance [IC] à 95 % de 99 % à 100 %) et de 31 % (IC à 95 % de 26 % à 36 %), respectivement, pour l'association de GFAP et UCH-L1. Pour la GFAP seule, la Se et la Spe globales regroupées étaient de 94 % (IC à 95 % de 91 % à 97 %) et de 40 % (IC à 95 % de 34 % à 46 %), respectivement. Pour l'UCH-L1 seule, la Se et la Spe globales regroupées étaient de 83 % (IC à 95 % de 69 % à 94 %) et de 51 % (IC à 95 % de 40 % à 63 %), respectivement. Les aires sous la courbe étaient de 88, 67 et 97 %, respectivement, pour GFAP, UCH-L1 et l'association GFAP/UCH-L1.
🩺Impact Clinique
La mesure combinée de GFAP et UCH-L1 permet d'exclure une lésion intracrânienne après un TCL chez l'adulte avec une Se de 100 % et une valeur prédictive négative élevée. Son utilisation systématique pourrait théoriquement réduire le nombre de tomodensitométries crâniennes de 31 %. Les différents temps et techniques d'échantillonnage utilisés dans les études n'ont pas permis de formuler des recommandations spécifiques.