📌Contexte & Problématique
Les données issues d'essais cliniques randomisés (ECR) sur les inhibiteurs de Janus kinase (JAK) comparés aux soins habituels ou au placebo chez les adultes hospitalisés pour COVID-19 sont contradictoires. Cette étude vise à évaluer les bénéfices et les risques des inhibiteurs de JAK par rapport au placebo ou aux soins habituels et à déterminer si les effets du traitement diffèrent entre des sous-groupes de participants prédéfinis.
🧪Méthodologie
Une revue systématique et une méta-analyse des données individuelles des participants (IPDMA) ont été réalisées. Les bases de données Medline, Embase, Cochrane Central Register of Controlled Trials, Cochrane COVID-19 Study Register et la COVID-19 L·OVE Platform ont été consultées pour identifier les ECR randomisant des adultes (âgés de 16 ans et plus) hospitalisés pour COVID-19 pour recevoir soit un inhibiteur de JAK (de tout type), soit aucun inhibiteur de JAK. Le critère de jugement principal était la mortalité toutes causes confondues à 28 jours après la randomisation. Des méta-analyses en deux étapes ont été utilisées, ajustant pour l'âge et le support respiratoire.
📊Résultats Clés
Seize essais éligibles ont été identifiés. Les données individuelles des participants (IPD) ont été obtenues pour 12 essais, correspondant à 12 902 adultes hospitalisés entre mai 2020 et mars 2022. Les inhibiteurs de JAK ont réduit la mortalité à 28 jours (odds ratio ajusté [aOR] 0,67 [IC 95 % 0,55-0,82]). Les inhibiteurs de JAK ont diminué le besoin de nouvelle ventilation mécanique ou d'autre support respiratoire et ont permis une sortie d'hôpital plus rapide d'environ 1 jour. Moins d'événements indésirables de grade 3 et 4 et d'événements indésirables graves ont été observés dans le groupe inhibiteur de JAK.
🩺Impact Clinique
Cette IPDMA d'ECR chez des adultes hospitalisés pour cause de COVID-19 a révélé que les inhibiteurs de JAK réduisent la mortalité quel que soit le niveau de support respiratoire, indépendamment de la dexaméthasone ou du tocilizumab, et diminuent probablement les événements indésirables graves et sévères par rapport à l'absence d'inhibiteurs de JAK.