📌Contexte & Problématique

Le risque d'événements cardiovasculaires (ECV) est accru chez les patients atteints de polyarthrite rhumatoïde (PR) par l'utilisation de glucocorticoïdes (GC). Il est controversé de savoir s'il existe un seuil de dose et de durée d'utilisation des GC au-delà duquel le taux d'ECV augmente.

🧪Méthodologie

Étude populationnelle basée sur une base de données de Hong Kong (2006-2015) incluant des patients atteints de PR sans antécédent d'ECV majeurs indésirables (MACE) à l'inclusion et suivis jusqu'en 2018. Le critère de jugement principal était la première survenue d'un MACE. Des analyses de régression de Cox et de pondération par la probabilité inverse de traitement avec des covariables variant dans le temps ont été utilisées pour évaluer l'association entre les GC et les MACE, en ajustant pour les données démographiques, les facteurs de risque CV traditionnels, les marqueurs inflammatoires et l'utilisation de médicaments antirhumatismaux.

📊Résultats Clés

Parmi 12 233 patients atteints de PR (105 826 années-patients de suivi, durée moyenne de 8,7 ans), 860 (7,0 %) ont développé un MACE. Dans les analyses temporelles ajustées, une dose quotidienne de prednisolone ≥ 5 mg augmentait significativement le risque de MACE (rapport de risque (HR) ~1,9-2,0), tandis qu'une dose < 5 mg par jour n'était pas associée à un risque accru, par rapport à l'absence d'utilisation de GC. Chez les patients recevant ≥ 5 mg de prednisolone par jour, le risque de MACE augmentait de 7 % par mois.

🩺Impact Clinique

L'utilisation de glucocorticoïdes systémiques est associée à un risque accru d'événements cardiovasculaires majeurs chez les patients atteints de polyarthrite rhumatoïde, de manière dépendante de la durée et de la dose. Une très faible dose de prednisolone (< 5 mg par jour) ne semble pas conférer de risque cardiovasculaire excessif.