📌Contexte & Problématique
L'hyperhomocystéinémie est fréquente chez les patients atteints de néphropathie diabétique. Un traitement par vitamines B (acide folique, vitamine B6 et vitamine B12) a montré qu'il abaissait la concentration plasmatique d'homocystéine.
🧪Méthodologie
Essai multicentrique, randomisé, en double aveugle, contrôlé contre placebo (DIVINe) mené dans 5 centres médicaux universitaires au Canada entre mai 2001 et juillet 2007. L'étude a inclus 238 participants atteints de diabète de type 1 ou 2 et d'un diagnostic clinique de néphropathie diabétique. L'intervention consistait en un comprimé unique de vitamines B (acide folique 2,5 mg/j, vitamine B6 25 mg/j, vitamine B12 1 mg/j) ou un placebo correspondant. Le critère principal d'évaluation était le changement du débit de filtration glomérulaire (DFG) mesuré par radionucléide entre l'inclusion et 36 mois. Les critères secondaires comprenaient le recours à la dialyse et un critère composite (infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral, revascularisation, mortalité toutes causes confondues). L'homocystéine plasmatique totale a également été mesurée.
📊Résultats Clés
Le suivi moyen était de 31,9 mois. À 36 mois, le DFG a diminué davantage dans le groupe vitamines B (16,5 mL/min/1,73 m²) que dans le groupe placebo (10,7 mL/min/1,73 m²), avec une différence moyenne de -5,8 (IC 95 % : -10,6 à -1,1 ; P = 0,02). Il n'y avait pas de différence significative dans le recours à la dialyse (HR 1,1 ; IC 95 % : 0,4 à 2,6 ; P = 0,88). Le critère composite est survenu plus souvent dans le groupe vitamines B (HR 2,0 ; IC 95 % : 1,0 à 4,0 ; P = 0,04). L'homocystéine plasmatique totale a diminué significativement dans le groupe vitamines B par rapport au groupe placebo.
🩺Impact Clinique
Chez les patients atteints de néphropathie diabétique, des doses élevées de vitamines B, par rapport au placebo, ont entraîné une diminution plus importante du DFG (aggravation de la fonction rénale) et une augmentation des événements vasculaires.