📌Contexte & Problématique
L'exposition précoce aux antibiotiques pourrait être associée au développement de maladies atopiques en perturbant la flore bactérienne ou en modifiant le cours des infections. Cette étude évalue l'association entre l'exposition précoce aux antibiotiques et le développement ultérieur de l'eczéma, de la respiration sifflante (wheeze) et de la sensibilisation allergique chez les nourrissons.
🧪Méthodologie
Étude de cohorte de naissance (KOALA) menée aux Pays-Bas, incluant 2764 familles. L'utilisation d'antibiotiques au cours des 6 premiers mois et la présence d'eczéma et de respiration sifflante jusqu'à l'âge de 2 ans ont été recueillies par questionnaires répétés. L'exposition a été évaluée via l'allaitement maternel sous antibiotiques et l'administration directe de médicaments au nourrisson. Des échantillons sanguins veineux ont été prélevés chez 815 nourrissons à 2 ans pour doser les IgE totales et spécifiques (RAST) contre des allergènes courants. Une analyse de régression logistique multivariée a été utilisée pour ajuster les facteurs confondants.
📊Résultats Clés
Au cours des 2 premières années, 32 % des nourrissons ont présenté de l'eczéma, 11 % une respiration sifflante récurrente et 5 % une respiration sifflante prolongée. À 2 ans, 27 % étaient sensibilisés à au moins un allergène. À 6 mois, 11 % avaient été exposés aux antibiotiques via le lait maternel et 20 % directement par médication. L'exposition directe aux antibiotiques était associée à un risque plus élevé de respiration sifflante récurrente et prolongée, même après exclusion des cas de causalité inverse. L'utilisation d'antibiotiques via l'allaitement était associée à la respiration sifflante récurrente mais pas prolongée. L'eczéma et la sensibilisation n'étaient pas associés à l'exposition aux antibiotiques.
🩺Impact Clinique
L'utilisation précoce d'antibiotiques précède la manifestation de la respiration sifflante, mais pas celle de l'eczéma ou de la sensibilisation allergique au cours des 2 premières années de vie. Cela suggère des mécanismes biologiques différents pour la respiration sifflante par rapport à l'eczéma/sensibilisation. Le lien avec l'exposition via l'allaitement maternel nécessite confirmation.