📌Contexte & Problématique

Évaluer le risque de thrombose veineuse chez les utilisatrices actuelles de différents types de contraception hormonale, en se concentrant sur le schéma, la dose d'œstrogène, le type de progestatif et la voie d'administration.

🧪Méthodologie

Étude de cohorte nationale menée au Danemark de 1995 à 2005. La population d'étude comprenait des femmes danoises âgées de 15 à 49 ans sans antécédents de maladies cardiovasculaires ou malignes. Les principales mesures de résultat étaient les rapports de taux ajustés pour les premiers événements de thrombose veineuse profonde, thrombose porte, thrombose de la veine cave, thrombose de la veine rénale, thrombose veineuse profonde non spécifiée et embolie pulmonaire.

📊Résultats Clés

L'étude a enregistré 10,4 millions d'années-femmes, dont 3,3 millions sous contraceptifs oraux. Au total, 4213 événements thromboemboliques veineux ont été observés, dont 2045 chez les utilisatrices actuelles de contraceptifs oraux combinés. Le risque absolu global de thrombose veineuse pour 10 000 années-femmes était de 3,01 chez les non-utilisatrices de contraceptifs oraux et de 6,29 chez les utilisatrices actuelles. Par rapport aux non-utilisatrices de contraceptifs oraux combinés, le rapport de taux de thromboembolie veineuse chez les utilisatrices actuelles diminuait avec la durée d'utilisation (<1 an : 4,17 ; 1-4 ans : 2,98 ; >4 ans : 2,76) et avec la diminution de la dose d'œstrogène. Comparés aux contraceptifs oraux contenant du lévonorgestrel (même dose d'œstrogène et durée d'utilisation), le rapport de taux était de 0,98 avec la noréthistérone, 1,19 avec le norgestimate, 1,82 avec le désogestrel, 1,86 avec le gestodène, 1,64 avec la drospirénone et 1,88 avec la cyprotérone. Les pilules progestatives seules (lévonorgestrel ou noréthistérone) avaient un rapport de taux de 0,59, et le dispositif intra-utérin à libération hormonale un rapport de taux de 0,90 (ces derniers n'étant pas associés à un risque accru significatif).

🩺Impact Clinique

Le risque de thrombose veineuse chez les utilisatrices actuelles de contraceptifs oraux combinés diminue avec la durée d'utilisation et la dose d'œstrogène. Pour une même dose d'œstrogène et une même durée d'utilisation, les contraceptifs oraux contenant du désogestrel, du gestodène ou de la drospirénone sont associés à un risque de thrombose veineuse significativement plus élevé que ceux contenant du lévonorgestrel. Les pilules progestatives seules et les dispositifs intra-utérins à libération hormonale ne sont pas associés à un risque accru de thrombose veineuse.