📌Contexte & Problématique

La thérapie hormonale (TH) est largement utilisée pour le contrôle des symptômes de la ménopause et a été employée pour la gestion et la prévention des maladies cardiovasculaires, de l'ostéoporose et de la démence chez les femmes plus âgées. Ceci est une version mise à jour d'une revue Cochrane initialement publiée en 2005.

🧪Méthodologie

Revue Cochrane (études randomisées en double aveugle) évaluant les effets de la TH à long terme (durée d'au moins 1 an) versus placebo chez les femmes périménopausées ou postménopausées. La TH incluait des œstrogènes, avec ou sans progestatifs, par voies orale, transdermique, sous-cutanée ou intranasale. Recherche dans plusieurs bases de données jusqu'en septembre 2016. 22 études incluses (43 637 femmes), avec près de 70 % des données provenant de deux grandes études (HERS, WHI). Les participantes étaient principalement des femmes américaines postménopausées de plus de 60 ans avec certaines comorbidités. Aucune étude n'a ciblé spécifiquement les femmes périménopausées. Le risque de biais a été évalué et la qualité des preuves par les méthodes GRADE.

📊Résultats Clés

Chez les femmes postménopausées relativement saines, l'HT combinée continue augmentait le risque d'événements coronariens, de thromboembolie veineuse (TEV), d'AVC, de cancer du sein, de maladie de la vésicule biliaire et de décès par cancer du poumon après plusieurs années d'utilisation. L'HT à base d'œstrogènes seuls augmentait le risque de TEV, d'AVC et de maladie de la vésicule biliaire, mais réduisait le risque de cancer du sein et de fracture clinique, sans augmenter le risque d'événements coronariens. Chez les femmes de plus de 65 ans recevant une HT combinée, l'incidence de la démence augmentait. Chez les femmes atteintes de maladies cardiovasculaires, l'HT combinée augmentait significativement le risque de TEV. L'HT diminuait significativement l'incidence des fractures à long terme (seul bénéfice démontré avec des preuves solides). Pas de preuve solide d'impact cliniquement significatif sur le cancer colorectal. Données insuffisantes pour évaluer le risque de l'utilisation à long terme de la TH chez les femmes périménopausées et postménopausées de moins de 50 ans.

🩺Impact Clinique

Les femmes présentant des symptômes ménopausiques intolérables peuvent peser les bénéfices du soulagement des symptômes face au faible risque absolu de préjudice lié à une utilisation à court terme d'HT à faible dose, en l'absence de contre-indications spécifiques. L'HT peut être inadaptée aux femmes présentant un risque accru de maladies cardiovasculaires, thromboemboliques ou de certains cancers (sein). L'HT n'est pas indiquée en prévention primaire ou secondaire des maladies cardiovasculaires ou de la démence, ni pour la prévention de la détérioration de la fonction cognitive chez les femmes postménopausées. Bien qu'efficace pour la prévention de l'ostéoporose postménopausique, elle est généralement recommandée uniquement pour les femmes à risque significatif pour lesquelles les thérapies non œstrogéniques sont inappropriées. Les données sont insuffisantes pour évaluer le risque de l'utilisation à long terme de la TH chez les femmes périménopausées et postménopausées de moins de 50 ans.