📌Contexte & Problématique
La protection cérébrale est essentielle lors de la chirurgie aortique, mais il n'y a pas de consensus sur la stratégie optimale. Cette étude compare deux méthodes de canulation pour la protection cérébrale antérograde : l'artère innominée et l'artère axillaire.
🧪Méthodologie
Essai contrôlé randomisé (CardioLink-3 Trial, NCT02554032) multicentrique (6 centres canadiens) mené entre janvier 2015 et juin 2018. 111 participants ont été randomisés pour recevoir une canulation de l'artère innominée ou axillaire durant une chirurgie de la crosse aortique proximale. Le critère de jugement principal de sécurité était l'apparition de nouvelles lésions ischémiques sévères en IRM de diffusion postopératoire. Le critère d'efficacité principal était la durée totale de l'intervention. Les critères secondaires incluaient la mortalité à 30 jours et l'accident vasculaire cérébral postopératoire.
📊Résultats Clés
102 participants ont été inclus dans l'analyse de sécurité per protocole. Les caractéristiques initiales étaient similaires entre les groupes. Des lésions ischémiques sévères sont survenues chez 38,8 % (axillaire) versus 34 % (innominée) des participants (P pour la non-infériorité = 0,0009). Les durées opératoires totales étaient comparables (médiane de 293 min pour axillaire versus 298 min pour innominée, P = 0,47). Le taux d'AVC/AIT était de 7,1 % (axillaire) versus 3,6 % (innominée) (P = 0,43). La mortalité à 30 jours et d'autres résultats étaient similaires. La charge de nouvelles lésions neurologiques est élevée dans les deux groupes.
🩺Impact Clinique
Selon les évaluations par IRM de diffusion, la protection cérébrale antérograde avec canulation de l'artère innominée est sûre et procure une neuroprotection similaire à celle de la canulation axillaire pendant la chirurgie aortique. La charge de nouvelles lésions neurologiques reste cependant élevée avec les deux méthodes, suggérant la nécessité d'améliorer les stratégies de protection cérébrale.