📌Contexte & Problématique
Le syndrome d'hyperstimulation ovarienne (SHO) est une complication sérieuse et potentiellement mortelle de la stimulation ovarienne, affectant 1 % à 14 % des cycles de fécondation in vitro (FIV) ou d'injection intracytoplasmique de spermatozoïdes (ICSI). Les femmes présentant des taux très élevés d'estradiol, un nombre élevé de follicules ou d'ovocytes recueillis, et celles atteintes du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) ont un risque particulièrement élevé de développer un SHO. L'utilisation de dilueurs plasmatiques comme l'albumine, l'hydroxyéthylamidon (HEA), le mannitol, la polygéline et le dextran pour prévenir le SHO a été rapportée dans des études cliniques avec des résultats contradictoires. Leur utilisation est peu courante actuellement, principalement en raison du manque de preuves solides sur leur efficacité, de la faible incidence du SHO modéré à sévère, et de l'introduction de nouvelles stratégies de prévention (protocoles avec antagonistes de la GnRH, stratégie 'freeze-all').
🧪Méthodologie
Revue systématique de neuf essais contrôlés randomisés (1867 femmes) comparant les dilueurs volémiques (albumine, HEA ou mannitol) versus placebo ou absence de traitement pour la prévention du SHO modéré ou sévère chez les femmes à haut risque subissant une hyperstimulation ovarienne dans le cadre de techniques de reproduction assistée (FIV ou ICSI). La recherche a porté sur des bases de données (Cochrane Register, CENTRAL, MEDLINE, Embase) et des registres d'essais jusqu'en septembre 2015. Le critère de jugement principal était le SHO modéré ou sévère. Les critères secondaires incluaient la naissance vivante, la grossesse et les événements indésirables. Les données ont été combinées en utilisant les rapports de cotes de Peto et les intervalles de confiance à 95 %. La qualité des preuves a été évaluée selon les méthodes GRADE.
📊Résultats Clés
L'albumine intraveineuse (7 études, 1452 femmes) a montré un effet bénéfique suggéré sur le SHO (OR 0,67 ; IC 95 % 0,47 à 0,95, preuve de très basse qualité), réduisant le taux de SHO modéré/sévère d'environ 12 % à 9 %. Cependant, l'albumine a également montré un effet potentiellement néfaste sur les taux de grossesse (OR 0,72 ; IC 95 % 0,55 à 0,94, preuve de qualité modérée), réduisant le taux de grossesse d'environ 40 % à 32 %. L'HEA (2 études, 272 femmes) a montré un effet bénéfique suggéré sur le SHO (OR 0,27 ; IC 95 % 0,12 à 0,59, preuve de très basse qualité), réduisant le taux d'environ 16 % à 5 %. Aucun effet significatif sur les taux de grossesse n'a été démontré pour l'HEA. Le mannitol (1 étude, 226 femmes atteintes de SOPK) a montré un effet bénéfique suggéré sur le SHO (OR 0,38 ; IC 95 % 0,22 à 0,64, preuve de basse qualité), réduisant le risque d'environ 52 % à 29 %. Aucun effet significatif sur les taux de grossesse n'a été démontré pour le mannitol. Les taux de naissance vivante n'ont été rapportés dans aucune étude. Les événements indésirables semblaient peu fréquents mais étaient trop mal rapportés pour tirer des conclusions fermes.
🩺Impact Clinique
Les preuves suggèrent que les dilueurs plasmatiques évalués (albumine, HEA et mannitol) réduisent les taux de SHO modéré et sévère chez les femmes à haut risque. Cependant, l'albumine pourrait réduire les taux de grossesse. L'efficacité de l'HEA et du mannitol doit être confirmée par des essais supplémentaires et de plus grande taille avant qu'ils ne soient considérés pour une utilisation de routine, en particulier car les données sur les événements indésirables et les naissances vivantes sont insuffisantes ou absentes.