📌Contexte & Problématique
La prophylaxie des ulcères de stress est couramment utilisée en unité de soins intensifs (réanimation) pour les patients sous ventilation mécanique invasive. Les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) et les antagonistes des récepteurs H2 (anti-H2) sont fréquemment prescrits, mais leur effet comparatif sur la mortalité hospitalière est inconnu.
🧪Méthodologie
Essai clinique randomisé en cluster croisé mené dans 50 unités de soins intensifs de 5 pays. L'étude a inclus des patients nécessitant une ventilation mécanique invasive dans les 24 heures suivant l'admission en réanimation. Deux stratégies de prophylaxie ont été comparées séquentiellement dans chaque unité pendant 6 mois (utilisation préférentielle d'IPP vs utilisation préférentielle d'anti-H2). Les patients ont été suivis jusqu'à 90 jours ou la sortie de l'hôpital.
📊Résultats Clés
Sur 26 828 patients analysés, la mortalité hospitalière à 90 jours était de 18,3 % dans le groupe IPP (2459/13 415) et de 17,5 % dans le groupe anti-H2 (2333/13 356), une différence qui n'a pas atteint le seuil de significativité statistique (risque relatif, 1,05 ; IC 95 % : 1,00 à 1,10 ; P = 0,054). Les saignements gastro-intestinaux supérieurs cliniquement importants étaient significativement moins fréquents avec les IPP (1,3 %) qu'avec les anti-H2 (1,8 %) (risque relatif, 0,73 ; IC 95 % : 0,57 à 0,92 ; P = 0,009). Les taux d'infection à Clostridioides difficile et les durées de séjour en réanimation et à l'hôpital n'étaient pas significativement différents. Un croisement dans l'utilisation des médicaments a été observé (4,1 % dans le groupe IPP recevant des anti-H2, et 20,1 % dans le groupe anti-H2 recevant des IPP).
🩺Impact Clinique
Chez les patients de réanimation sous ventilation mécanique, une stratégie de prophylaxie des ulcères de stress avec des IPP n'a pas entraîné de différence significative de mortalité par rapport aux anti-H2, bien que les IPP aient réduit les saignements gastro-intestinaux supérieurs. L'interprétation des résultats sur la mortalité est potentiellement limitée par le croisement entre les groupes de traitement.