📌Contexte & Problématique
La rétinopathie du prématuré (ROP) est un trouble vasoprolifératif chez les nourrissons nés avant terme. Le facteur de croissance endothélial vasculaire (VEGF) joue un rôle clé dans l'angiogenèse fœtale et postnatale. L'utilisation d'agents anti-VEGF pour traiter la ROP est une approche récente, mais leur sécurité et leur efficacité chez les prématurés sont incertaines.
🧪Méthodologie
Revue systématique et méta-analyse d'essais contrôlés randomisés ou quasi-randomisés évaluant l'efficacité et la sécurité des agents anti-VEGF (monothérapie ou en association avec la cryothérapie/laser) par rapport à la thérapie conventionnelle (laser/cryothérapie) chez les nourrissons prématurés atteints de ROP de type 1.
📊Résultats Clés
Six essais (383 nourrissons) ont été inclus. En monothérapie, le bevacizumab/ranibizumab n'a pas significativement réduit le risque de décollement de rétine ou de récidive de ROP nécessitant un retraitement globalement, mais a réduit le risque de récidive dans la ROP de zone I (RR 0,15) et augmenté le risque dans la ROP de zone II (RR 2,53). Il a significativement réduit le risque d'erreurs réfractives (forte myopie) à 30 mois (RR 0,06). En association avec le laser, le pegaptanib a réduit le risque de décollement de rétine (RR 0,26) et de récidive de ROP (RR 0,29). La qualité des preuves était très faible à faible pour la plupart des critères d'évaluation.
🩺Impact Clinique
Les données actuelles, souvent de faible qualité, ne permettent pas de conclure en faveur de l'utilisation systématique des agents anti-VEGF (en monothérapie ou en association) chez les prématurés atteints de ROP de type 1. Leurs effets sur les résultats structurels et fonctionnels à long terme, ainsi que les effets secondaires systémiques retardés, restent inconnus. Des recherches supplémentaires sont nécessaires.