📌Contexte & Problématique

Femmes hypofertiles bénéficiant de techniques de procréation médicalement assistée (PMA) ; les pilules hormonales administrées avant la stimulation ovarienne pourraient améliorer les résultats. L'objectif est de déterminer si un prétraitement (par pilule contraceptive orale combinée, progestatif ou œstrogène seul) dans les protocoles de stimulation ovarienne affecte les résultats chez ces femmes.

🧪Méthodologie

Revue systématique d'essais contrôlés randomisés (ECR). Recherche dans plusieurs bases de données (Cochrane, MEDLINE, Embase, CINAHL, PsycINFO) jusqu'en janvier 2017. Inclusion de 29 ECR (4701 femmes) comparant les prétraitements hormonaux (PCO, progestatifs, œstrogènes) versus pas de prétraitement ou d'autres prétraitements, dans des cycles agonistes ou antagonistes de la GnRH. Critères d'évaluation principaux : naissance vivante ou grossesse évolutive, et perte de grossesse.

📊Résultats Clés

La qualité globale des preuves variait de très faible à modérée. Dans les protocoles antagonistes, le prétraitement par PCO était associé à un taux plus faible de naissances vivantes ou de grossesses évolutives (OR 0.74) par rapport à l'absence de prétraitement. Dans les protocoles antagonistes (avec PCO) versus agonistes (sans prétraitement), il y avait moins de pertes de grossesse avec le prétraitement (OR 0.40). Le prétraitement par progestatif pourrait réduire le risque de formation de kystes ovariens dans les cycles agonistes (OR 0.16). Pour les autres comparaisons (progestatifs ou œstrogènes vs pas de prétraitement ; comparaisons directes), les preuves étaient insuffisantes pour conclure sur la naissance vivante/grossesse évolutive ou la perte de grossesse. Les données sur les événements indésirables (grossesse multiple, syndrome d'hyperstimulation ovarienne, kystes ovariens) étaient largement non concluantes ou insuffisantes, sauf pour les kystes ovariens avec progestatifs dans les cycles agonistes.

🩺Impact Clinique

Chez les femmes suivant des protocoles antagonistes de stimulation ovarienne, le prétraitement par PCO était associé à un taux inférieur de naissances vivantes ou de grossesses évolutives. Les preuves sont insuffisantes pour déterminer si les progestatifs ou les œstrogènes influencent ces taux, ou si le prétraitement par PCO dans d'autres protocoles a un impact. Les conclusions sur les événements indésirables sont incertaines, à l'exception possible d'une réduction des kystes ovariens par les progestatifs dans les cycles agonistes et d'une réduction des pertes de grossesse par la PCO dans les cycles antagonistes (par rapport à l'absence de prétraitement dans les cycles agonistes). Globalement, l'impact clinique précis reste peu clair pour de nombreux aspects en raison de la qualité limitée des preuves.