📌Contexte & Problématique

Le traitement néoadjuvant optimal pour le carcinome résécable de l'œsophage thoracique ou de la jonction œso-gastrique fait toujours l'objet de débats.

🧪Méthodologie

Une méta-analyse en réseau basée sur les données individuelles des participants (IPD NMA) a été réalisée à partir d'essais contrôlés randomisés (RCTs) comparant au moins deux des stratégies suivantes : chirurgie seule (S), chimiothérapie suivie de chirurgie (CS), et chimioradiothérapie suivie de chirurgie (CRS). Les RCTs éligibles étaient clos à l'inclusion avant le 31 décembre 2015. Les analyses ont été menées sur les IPD obtenues auprès des investigateurs et ajustées pour l'âge, le sexe, la localisation de la tumeur et l'histologie, en utilisant un modèle de Cox à effets mixtes en une étape.

📊Résultats Clés

Les IPD ont été obtenues pour 26 des 35 RCTs éligibles (4 985 sur 5 807 patients). Le CS et le CRS ont conduit à une amélioration de la survie globale (OS) par rapport à la chirurgie seule (S), avec un rapport de risques (HR) de 0,86 (0,75 à 0,99), P = 0,03 pour CS vs S, et HR = 0,77 (0,68 à 0,87), P < 0,001 pour CRS vs S. La comparaison CRS vs CS pour l'OS n'a pas montré de différence forte (HR = 0,90 (0,74 à 1,09), P = 0,27). L'effet du CS vs S sur l'OS était plus important pour les tumeurs de la jonction œso-gastrique que pour celles de l'œsophage thoracique (P = 0,036). L'effet du CRS vs S et du CRS vs CS sur l'OS était plus important pour les femmes (P = 0,003 et 0,012 respectivement).

🩺Impact Clinique

La chimiothérapie néoadjuvante et la chimioradiothérapie néoadjuvante sont systématiquement supérieures à la chirurgie seule, quelle que soit l'histologie, mais l'ampleur de l'effet du traitement varie selon le sexe pour le CRS et la localisation de la tumeur pour le CS. Aucune différence significative de survie globale n'a été identifiée entre CS et CRS.