📌Contexte & Problématique
La plupart des patients atteints de pseudo-polyarthrite rhizomélique (PPR) ou d'artérite à cellules géantes (ACG) sont traités par glucocorticoïdes en soins primaires. L'objectif était d'estimer les risques d'infection liés à la dose dans cette population en Angleterre.
🧪Méthodologie
Étude de cohorte rétrospective basée sur le linkage de données de dossiers médicaux. Cohorte de patients atteints de PPR ou d'ACG enregistrés dans des cabinets de médecine générale en Angleterre (1998-2017). L'incidence de la première infection a été estimée en fonction des doses actuelles et cumulées (variables dans le temps) à l'aide de méthodes de Kaplan-Meier et de modèles de Cox à risques proportionnels multiniveaux.
📊Résultats Clés
Sur 39 938 patients suivis dans 389 cabinets, 22 234 (55,7 %) ont développé au moins une infection sur une période médiane de suivi de 4,8 ans. Parmi eux, 5937 (26,7 %) ont nécessité une hospitalisation et 1616 (7,3 %) sont décédés dans les 7 jours suivant le diagnostic d'infection. Les risques cumulés d'infection toutes causes confondues étaient de 18,3 % à 1 an, 54,7 % à 5 ans et 76,9 % à 10 ans. Les infections les plus fréquentes étaient les infections des voies respiratoires inférieures, les conjonctivites et l'herpès zoster. Les rapports de risque (HR) ajustés pour les infections toutes causes confondues étaient de 1,13 (IC 95 % 1,12-1,14) par augmentation de dose quotidienne de 5 mg équivalent prednisolone et de 1,50 (IC 95 % 1,49-1,52) par augmentation de 1000 mg de dose cumulée sur la dernière année. Les HR ajustés associés aux périodes sous glucocorticoïdes par rapport à l'absence de traitement variaient de 1,48 (IC 95 % 1,39-1,57) pour les infections fongiques à 1,70 (IC 95 % 1,60-1.80) pour les infections bactériennes. Des associations progressives liées à la dose ont été observées pour les infections bactériennes, virales, parasitaires et fongiques, indépendamment de l'âge, de la durée de la maladie chronique sous-jacente et du statut vaccinal de base.
🩺Impact Clinique
L'étude a quantifié le risque accru d'infections de diverses natures (bactériennes, virales, parasitaires, fongiques) associé aux glucocorticoïdes oraux chez les patients atteints de PPR ou d'ACG. Des relations fortes de réponse à la dose ont été trouvées pour tous les types d'infections, même à des doses quotidiennes inférieures à 5 mg de prednisolone.