📌Contexte & Problématique

Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est la cause la plus fréquente d'oligoménorrhée ou d'aménorrhée et touche environ 5 % à 20 % des femmes dans le monde, entraînant souvent une infertilité par anovulation. Les inhibiteurs de l'aromatase (IA), introduits en 2001, sont utilisés pour l'induction de l'ovulation, mais leur efficacité comparée au citrate de clomifène (CC), le traitement de première ligne, a fait l'objet de conclusions divergentes dans les essais cliniques.

🧪Méthodologie

Examen systématique et méta-analyse de 41 essais contrôlés randomisés (6522 femmes) comparant les IA (létrozole) seuls ou avec des adjuvants aux SERM (ou au drilling ovarien laparoscopique - DOL) pour l'induction de l'ovulation chez des femmes infertiles atteintes de SOPK anovulatoire, suivie de rapports sexuels programmés ou d'une insémination intra-utérine. Les critères de jugement principaux étaient le taux de naissances vivantes et le taux de syndrome d'hyperstimulation ovarienne (SHO). Une analyse selon le modèle à effets fixes a été utilisée, avec calcul des OR et IC à 95 % pour la plupart des critères, et des RD pour le SHO. La certitude des preuves a été évaluée à l'aide des méthodes GRADE.

📊Résultats Clés

Comparé aux SERM (avec rapports programmés), le létrozole est associé à un taux de naissances vivantes plus élevé (OR 1,72, preuve de haute certitude) et un taux de grossesses cliniques plus élevé (OR 1,69, preuve de haute certitude), tandis que les taux de SHO sont similaires (RD -0,00, preuve de haute certitude). Il n'y a pas de différence significative dans les taux de fausses couches ou de grossesses multiples (preuves de haute certitude). Comparé au DOL, les preuves sont de très faible certitude pour le taux de naissances vivantes (OR 2,07) et de faible certitude pour le taux de grossesses (OR 1,47), sans preuve de différence significative pour les fausses couches ou les grossesses multiples.

🩺Impact Clinique

Le létrozole semble améliorer les taux de naissances vivantes et de grossesses par rapport aux SERM chez les femmes infertiles atteintes de SOPK anovulatoire lorsqu'il est utilisé pour l'induction de l'ovulation suivie de rapports sexuels programmés, avec un risque de SHO similaire. L'incertitude demeure quant à la comparaison du létrozole avec le drilling ovarien laparoscopique en raison de la faible certitude des preuves.